GOLFIKA
JOE LLOYD au GOLF CLUB DE PAU
 
  
  Dans son livre sur l'histoire du Pau Golf Club (PGC), Yves Caillé consacre à Joe Lloyd, le premier professionnel de golf en France, la place qui lui convient. Nous reproduisons ici, une note qu'il nous a fait parvenir récemment et qu'il a bien voulu partager avec nos lecteurs.
  
 
    "Pau Golf Club - Le St Andrews du Continent", par Yves Caillé a été édité en 1990 chez "J & D Editions".

 

 

Ce livre est toujours disponible chez l'auteur :
yves.caille@tiscali.fr

  
 Joe Lloyd Par Yves Caillé.

En l880, un Anglais est contacté par des joueurs hivernants. Né en 1864, il a pour nom Joseph Lloyd. Il est de l'école de Jack Morris à Hoylake, appelé aussi Royal Liverpool Golf Club, un des premiers clubs britanniques. Joe y côtoie la famille Morris qui fait partie des grands noms du golf mondial. Il rencontre Old Tom Morris, l'oncle et Young Tom, le cousin de Jack. Il a un merveilleux sens de l'humour en dépit des photos qui lui donnent un air sévère.

A Pau, il construit un magasin qui lui sert aussi d'atelier pour fabriquer et réparer les clubs. Sa cabane subsistera jusqu'à la fin des années soixante. C'est le premier pro shop sur le territoire français.

Un article dans « The Field » de janvier 1891 le présente comme possédant un style fluide, distingué facile et gracieux. Son palmarès est éloquent.

Le premier document que nous avons de Joe Lloyd est sa victoire au « caddies medal » en 1881 à Hoylake. A cette époque, alors qu'il n'avait que 17 ans et il était plus connu sous le nom du « Général ». Pourquoi ? Ceci est un mystère, mais ce surnom lui restera le reste de sa vie. Ce fait devait être admis de tous car dans la liste des vainqueurs de ce « medal » il est écrit « 1881 Joe Lloyd The General ». I1 semblerait que cette promotion d'importance ait été donnée par deux membres du Royal Liverpool : J. Cumming Macdonald et Sir Victor Brooke, qui sont aussi adhérents à Pau. Ces deux personnalités, après avoir organisé plusieurs matchs de démonstration entre Lloyd et Pascal, le green keeper de Pau (The Field, 1883), persuadent notre champion de s'installer au PGC en mars 1883. Ceci est confirmé dans un article, aux USA, « The Daily Inter Ocean » qui ajoute que l'intéressé y collabore avec ardeur. Il se fixe définitivement à Pau en 1884.

Il se fait remarquer dans la plaine de Billère par ses victoires et ses défis : « En avril 1897, Lord Dudley, avec ses clubs au complet joua contre Lloyd qui n'avait que son putter ; Lloyd gagna 6 up; il fit le parcours en 84 ».

Il joue trois British Open pendant ses congés, finissant chaque fois à des places honorables. Il est mentionné à Prestwick en 1893, Sandwich en 1894 et Hoylake en 1897.

Ensuite, il partage son temps entre l'Essex Country club à Manchester (Massachusetts) et Pau l'hiver. En 1897, il gagne l’US Open qui se dispute pour la dernière fois sur 36 trous. Cela se passe à Wheaton près de Chicago. Le premier jour « Le Général » joue régulier, mais sans éclat, et finit en 83, quatre coups derrière le leader, Willie Anderson, un jeune pro de Watch Hill Golf Club.

Dans le dernier tour il améliore son jeu et égalise le 79 d'Anderson. Il gagne l'Open avec un coup d'avance, après avoir réussi un eagle trois, sur le dernier trou. Celui ci mesurait 450 yards. Avec une balle en gutta-percha, il joua drive, puis brassie qu'il envoie à 2.5 mètres du trou. Il rentre le putt pour gagner 1'open. Cette année là, Joe Lloyd a 33 ans. II est rapporté dans un article du « Daily Inter Ocean » que le champion palois reçut 200 $ pour son prix mais 50 $ furent déduits pour payer sa médaille ! Laquelle fut vendue en 1990 pour 21000 $.

Pat Seeling signe un article dans un journal spécialisé, sur ce champion oublié, même au sein de son club (septembre 1990). Le titre en est : The forgotten US Open Champion. Dont voici quelques extraits.

« A part les livres de records de l'USPGA, le nom de J. Lloyd ne fut jamais mentionné jusqu'à avril 1990, quand Kevin McGrath, mémorable actionnaire du golf du Massachusetts récupéra la médaille d'or de Lloyd chez un antiquaire de New York qui la vendait dans une importante vente aux enchères. L'acquéreur anonyme la paya 21000 $. La médaille était caractéristique de l'époque, accrochée à un ruban de satin de la taille d'une pièce de monnaie (quarter) avec en son centre un golfeur en relief entouré des mots : « US Golf Association Open Championship 1897 gagnée par Joseph Lloyd ». La médaille est de loin en meilleur état que notre mémoire du champion. Dans les livres de 1' histoire du golf, Lloyd est tombé dans 1'oubli. "J'ai essayé de trouver quelque chose sur lui", disait MacGrath, "mais c'est presque à croire qu’il n'a pas existé". En effet on pourrait se le demander ; si vous cherchez un renseignement quelconque sur J. Lloyd dans un livre de records vous trouverez seulement son nom sur la liste des vainqueurs de 1'Open 1897 et ce sera tout. De plus amples recherches révéleront qu’il finit 7° l'année précédente à Shinnecock Hills, avec 78 et 82, huit coups derrière J. Foulis et jouant 87, 80, 86, 86 (339). Il finit 4° défendant son titre au Myopa Hunt Club, en 1898. Que devint cet ancien champion ? Personne ne semble le savoir. »

Au PGC, il abandonne ses fonctions en 1925. C'est le premier professeur de Pau Billère, et de l'Histoire du Golf en France.

  
 
 
 Quelques grands golfeurs à Pau en 1896 (cf ci-dessous)
 Reproduit avec l'aimable autorisation de Yves Caillé
  
 
  
  Nous avons trouvé quelques informations complémentaires sur Lloyd dans le livre de Peter Lewiss : "Dawn of Professional Golf". Nous en donnons ici deux courts extraits.
  
 
    "Dawn of Professional Golf", par Peter N. Lewis. Editeurs : Hobbs & Mc Ewan, New Ridley, Northumberland & Glengarden, Ballater ; Oast Books, Turnbridge, Wells.

 

 

ISBN 1-898594-22-8

  
 Vardon versus Taylor (page 76)

Taylor, qui ne s'était pas senti bien depuis son arrivée en Amérique, a eu un voyage moins laborieux que Vardon. En septembre, après un repos au parc d'Ashbury, New Jersey, il joua à Deal - ce nom devait lui rappeler son pays - mais perdit en match play contre meilleure balle des professionels locaux. Le 15 septembre il joua au Myopia Hunt Club, près de Boston, avant de gagner, le 19, contre Joe Lloyd et John Dingwell à l'Essex County Club. Le lendemain, il jouait au club Brookline Country Club, en meilleure balle, contre les professionnels locaux le matin, et contre deux amateurs l'après-midi.

  
 European tours (page 80)

En hiver de 1896, Vardon, Taylor, Herd, Archie Simpson et Willie Auchterlonie furent invités pour jouer une série de matchs à Pau, avec le professionnel local, Joe Lloyd, pour célébrer l'anniversaire du club cinquantième. Vardon, étant de Jersey, parlait un peu le français, et fut en charge des aspects financiers. Malheureusement, son français n'était pas très bon et il eut quelques difficultés au moment du contrôle des billets ainsi pour d'autres questions mineures. Heureusement à leur arrivée à Bordeaux, ils furent rejoints par Lloyd, qui joua le rôle du traducteur.

Les premiers matchs eurent lieu les 24 et 25 février suivis d'un tournoi sur 72 trous les 1er et 2 mars. Les matchs du 24 et 25 furent joués dans le "style américain", c'est-à-dire en "round robin" où chaque joueur rencontre l'ensemble des autres. Taylor, Auchterlonie, Simpson et Vardon gagnèrent trois matchs chacun et se partagèrent le premier prix.

  
 
 
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